-
Credo
Le Credo de la religion dominante est l’œuvre d’un certain John Lennon. Dans son tube planétaire, Imagine, il prêche l’émancipation de toute allégeance (no heaven, no hell, no countries, no religion, no possessions… a brotherhood of man). Mais le diable, si l’on ose dire, est caché dans le refrain : I hope some day you will join us – nous, les élus ? And the world will be as one . Amen.
Pour mémoire : « Il n’y a plus ni Juif ni Grec… ni esclave ni homme libre… ni homme ni femme : car vous n’êtes tous qu’une personne dans le Christ Jésus. » (D’après Paul, Galates, 3, 28). -
CV anonyme
Nom, prénom et qualités ? Un projet de loi sur les « CV anonymes » prévoyait qu’ils soient dactylographiés, ne mentionnent pas le nom, le sexe, l’âge ou la nationalité, et ne comportent pas de photographie : ni vu ni connu, mon nom est personne, idéal pour un bullshit job.
-
Dataïsation
Votre smartphone en sait plus que vous sur vous-même, tel le Dieu de saint Augustin, « plus intime à moi-même que moi-même »…
-
Digital
Le mot « digital » change de sens de part et d’autre d’un écran de smartphone. Coté usager, il désigne les doigts, de l’autre côté, il signifie « numérique ». Cherchez l’erreur… D’un côté le monde des corps, les gros doigts qui souillent l’appareil ; de l’autre un monde virtuel, sans corps, désincarné : la guerre des mondes a trouvé sa frontière… Il est temps que l’homme cesse de parasiter la technique. Le dernier smartphone
-
Diligence (effet)
Les premières automobiles ressemblaient à des voitures à cheval sans cheval.
La situation du smartphone est plus bizarre encore : un concentré de technologie au service d’un usager technologiquement obsolète qui souille un écran haute définition avec ses empreintes digitales. Une Ferrari attelée à un âne. -
Disqualification
Par quel effets pervers, quel « bug » affectant le « logiciel du progrès », l’uomo universale promis par l’humanisme, il y a cinq siècles, se métamorphose-t-il en homme sans qualités postmoderne, « émancipé » des penchants et péchés originels qui faisaient de lui un être humain – trop humain ?
Deux déchéances successives, de la personne (personnalité, personnage…) à l’individu, de l’individu au profil de données sur les réseaux sociaux.
De l’homme universel à l’homme sans qualités
Voir : Qualités (sans). -
Diversité
La monoculture affecte gravement notre monde : le soja dans les champs, le conformisme dans les idées, et le marronnier dans les médias. Quand on appelle à la diversité dans les médias, on ne parle pas d’information ou d’opinion, mais de la couleur de peau, du genre ou des mœurs du journaliste, et la bouillie est toujours la même. La destruction de l’info-diversité
-
Ecologie
Science qui étudie les relations entre les êtres vivants et leur milieu organique ou inorganique.
Issue du pétainisme (« La terre, elle, ne ment pas »), l’écologie politique devient terre d’accueil pour le recyclage des orphelins du maoïsme avant de s’ouvrir aux déçus du socialisme. -
Écran
Dispositif qui masque et qui affiche en masquant autre chose – à commencer par l’écran lui-même !
Photographier avant même de regarder : le smartphone fait écran au spectacle du monde et en tue la jouissance immédiate. Pour prendre un selfie, on lui tourne carrément le dos. Le spectacle est subordonné, asservi à l’interface : ce qui est vu et partagé, c’est d’abord l’écran. Comme dirait McLuhan : le spectacle, c’est l’écran.
-
Edgargarisme
Truisme en général bienveillant, parfois véhément, toujours indiscutable… Twitter lui a ouvert tous les chemins qui ne mènent nulle part : « Seul un nouveau mouvement citoyen animé par une pensée forte et une conscience lucide pourra ouvrir le chemin d’un monde nouveau. » Assurément !
-
Empire du Bien
L’Empire du Bien, c’est l’Empire WASP (White, Anglo-saxon, Protestant), une espèce de théocratie en Amérique, au terme d’un itinéraire de Jérusalem à Washington via la Genève de Calvin. Et de nos jours, le cœur même de cet Empire hégémonique ressemble à une Genève globale devenue folle où les éveillés s’activent sur les campus et les réseaux sociaux…
Si bien que les États-Unis désunis expérimentent sur leur propre territoire les déboires rencontrés au Moyen-Orient et ailleurs dans leurs projets d’évangélisation (« démocratisation ») des pays de la région : au lieu de la démocratie libérale espérée sous protectorat du « libérateur », la guerre de tous contre tous ! -
Eurodisney
L’Europe est saturée d’histoire ; les États-Unis qui lui ont substitué une eschatologie religieuse, technologique et marchande saturée de Fantasy où la foi dégénère en crédulité. L’Europe, à leurs yeux, c’est au mieux Eurodisney, au pire Game Of Thrones. V. Amérique. Fantasy.
-
Europe (numéro de téléphone de l’)
En tant que commissaire, le « *haut représentant de l’UE pour les affaires étrangères et la politique de sécurité » [sic] est « soumis au principe de collégialité de la Commission : il doit s’assurer du soutien de la majorité de ses collègues pour toute initiative dans les domaines de sa compétence. » Ouf ! A la question d’Henry Kissinger (“L’Europe, quel numéro de téléphone ?”), une seule réponse possible : « il n’y a pas d’abonné à ce numéro ».
*Description (surréaliste) de ses fonctions sur le site touteleurope.eu
-
Europe ?
Hors compétition, l’Europe, ou plutôt l’UE, est une espèce de banc d’essai d’un régime hégémonique dont elle en affiche fièrement les traits essentiels : le global et le sans frontières, la technocratie post-politique, la disqualification des opposants (les brexiters sont « fous »), la virulence du refoulé identitaire. Et surtout la sortie de l’histoire. Qu’est-ce que l’Europe ?
V. Union européenne. Histoire. Hégémonie.
-
Évangile (selon saint Marc)
« Amis de tous les pays connectez-vous. Et likez vous les uns les autres » (Idi Amin Data, alias Mark Zuckerberg)
-
Extase
Les réseaux sociaux extase du social, l’information, plus vraie que le vrai, le temps réel plus présent que le présent, l’émancipation (de tout), extase de la liberté, Woke, de la diversité ; et la communication du politique ? (d’après Baudrillard).
Voir : Plus blanc que blanc...
-
Facebook...
Recueil de confession des enfants du siècle au siècle des enfants.
-
Factum non genitum
Descriptif : (...)
« Les êtres humains éprouvent la honte d’avoir été engendrés plutôt que fabriqués » (Günther Anders, 1956). Double supériorité de la machine : réparable (ou remplaçable) et indéfiniment perfectible. Tout l’effort des humains consiste à se rapprocher de cette enviable condition… Le corps fabriqué
-
Fantasyland
Dans Fantasyland : How America Went Haywire [to go haywire : « débloquer »], 2017, Kurt Andersen recense les épisodes délirants qui ponctuent l’histoire des États-Unis. Car Fantasy ne désigne pas seulement un genre de fiction (Heroic Fantasy), augmentée par la technologie des effets spéciaux et industrialisée (Disney), mais aussi l’imagination, le fantasme, les lubies et la divagation, jusqu’à la folie, douce ou furieuse (les fous de la gâchette) : My God ! Les patients ont pris le contrôle de l’asile ! Ils sont fous ces Américains !
Voir : Amérique. Eurodisney. Zombie.
-
Fraternité
Des hommes libres et égaux peuvent-ils être frères ? Hobbes pense que non, et René Girard aussi. Au mieux des concurrents, au pire des ennemis mortels ? Exception : les frères d’armes. D’où le fascisme et sa passion pour la guerre.
Voir : Fraternité.
Total : 132 fragments.